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REFUS DE VIEILLIR

Vieillir est-il un naufrage?

Mais non voyons!

Ne devient pas âgé qui veut!

Privilège donné aux élus

Après des années de labeur

Et de patience

Grâce aux expériences riches de vie

Le caractère s’est affiné

Les anciens démons ont  fini

Par être domptés

Les vieux ne font pas la guerre

Ils se sont fait assez la guerre à eux-mêmes

Car ils ont mûri

Se sentent plus en paix

Moins pressés

Aux femmes

Les cheveux gris redonnent le pouvoir

À l’âge de la vitesse

De l’immédiateté

Ralentir fait du bien au corps

Des germes de vie et de sagesse

Plantés aux jeunes années

Se récoltent bien plus tard…

Existence prolongée

Dans nos enfants

Et  petits-enfants,

Vrais  cadeaux des dieux

Et de la vie

Mais demanderez-vous :

Le corps dans tout cela?

Corps vieilli ridé toujours beau

Attirant

Plus intéressant à regarder

Comme celui alourdi

De la femme

Qui a porté des enfants

Corps jeune, sans histoire

Idole encensée

Sur les affiches du centre-ville

Mode passagère…

Le cœur transparaît dans l’être

Et change le regard

Les caresses n’arrêtent pas

Sur le corps toujours aimé

Se font plus douces

Avec l’âge

Pertes de mémoire, arthrite,

Rhumatismes

Raideurs et yeux embrouillés

Membres perdant de leur vigueur

Refus de vieillir

Ou faisant partie du long parcours?

C’est selon…

Acquis du savoir spirituel

Souffrance et connaissance…

Mais qui parlera de la mort

Qui nous effraie tous?

Grand sommeil

Inévitable

On est juste de passage…..

Race, beauté, fortune,

Relations, pouvoir, savoir

S’évanouissent comme le corps

En poussière

Tandis que le cœur veille encore

L’âme elle

Apaisée

Continue sa course légère

Dans l’éternité …. Cécile Comblen /29.06.2016

Espace marin, Pointe-St-Pierre, Gaspésie

Lieu de passage, de rite

Portail d’initiation à l’au-delà

Terre à  la lente chaleur, à l’eau glacée….

J’aspire ici au don de l’oubli

 

Lieu de pélérinage, de dévotion

De l’aimante attention à la vie

Alcôve du respect de ton silence….

Mon regard caresse les violets bleus irisés de la mer

Les oranges incadescents et fugitifs du ciel

 

Ici les mouvements du vent de l’âme rythment nos peintures

Ordonnant la présence intime à soi-même.

Au-dessus de bruissements des herbes hautes,

Des cris aigus  d’oiseaux marquent le ciel…

J’aspire ici au don de la paix

 

Attentive au balancement d’ailes du goëland

Aux vêtements qui claquent sur la corde à linge

Ici est le Lieu du pouvoir:

Celui du vent  qui gronde dehors

Jusqu’au souffle intérieur, énergie toujours vivante

Du magma je sortirai guidée et purifiée

Cécile Comblen  (lu le 3.08.2014 à « Vivement Poésie »)

Douleur

L’imprudence du moment
Rejoint mon âme craintive
L’arrête a brisé la main
Du chaos
Le chant de l’oiseau en vol
S’est suspendu
Des couleurs sont tombées
Légèrement une à une sur le sol

Galantes sont les amours tardives

Des mots pleurent et s’emmêlent sur la page
La fin de l’histoire circoncit…l’homme
Être de souffrance
L’espoir a perdu son souffle
Il s’est réfugié sous un porche endeuillé
Les corneilles ont crié leur désaccord
Aux promeneurs surpris
Croassant le cri du jour

Doucement je frotte ma joue
Contre la tienne

L’aiguille traverse le seuil
De la douleur
Qui a élu domicile
Se vautre et envahit
La chambre des lumières
Celle-ci ne veut plus bouger
Résiste aux pilules
Et aux menaces
Montrant du doigt l’enfant
Qui joue et oublie tout….

21.11.2015 /03.01.2016

Souvenir d’une amitié

Lumière improviste dans mon cœur

Le chant de l’oiseau vibre dans l’air

Contant ta vie inlassable et généreuse

Et voilà que tout s’habille de beauté

 

Les mots s’entrechoquent pêle-mêle

Démembrés dans le chaos de l’instant

Le silence absorbe  l’ombre

L’oiseau noir s’est brisé l’aile contre la vitre

 

Mémoire ouverte

Des jours d’adolescence

Des clartés et du bouillonnement

Des heures d’ études au pensionnat

 

Maintenant les mots s’effacent

au contact de ta joue creuse

Te voilà faible épave

Le vent doux du bonheur

S’est changé en bise  de décembre

Qui glace

 

Ah… parcourir la longue route

Et déjà le jour baisse

Les ailes du pouvoir m’ont épuisée

Ah…saisir la beauté du monde

Et faire le tour de ses mystères

 

Départ brusque

Qui m’interpelle sans fin

L’œil inquiet scrute le ciel

Si ta vue faiblissait

Grande fût ta vision

Ton corps donna la mesure du temps

Tu connus la pesanteur des choses

 

Le printemps se verdit en hâte pour toi

L’amour éclaire le passage obscur du temple

Tandis que l’univers

Te ferme tendrement les yeux

Des clameurs se lèvent des pleurs coulent

Pour te célébrer

 

Ton effervescence bouillonnante

Et tes yeux étincelants

Balayèrent peurs et petitesses

Devant la mort

Courage des heurts

Des bonheurs oubliés

Avec toi

 

 

12.05.2015/révisé 30.06.2016

Cécile Comblen