La vie débordée

Tandis que je cherche, scrute et examine

Le fond des choses et la hauteur des lieux

Que la direction à suivre parfois m’échappe

Et que déjà baisse le jour qui fuit…

 

Là-bas outremer

Des grappes d’humains en dérive…

Ont fui la guerre

Dans de frêles esquifs

Tant furent noyés dans l’océan

Les enfants les premiers

Jouant leur vie

Pris dans ces flots puissants

Briseurs de vie

Ils abordèrent enfin

Échoués aux portes

Des pays riches et réticents

Comme le nôtre

 

Que faire alors pour mes frères et soeurs

Réfugiés

Qui ont quitté l’infernal

L’intolérable?

Qui ont vu le cormoran

Perché sur un piquet

Déployer et sécher ses ailes

Trempées

Au sortir de la mer

 

Parcourant

L’Europe lentement à pied

Poussant jusqu’aux chemins du futur

Ils portent haut la dignité

Fuyant l’horreur la destruction

En quête de pain frais

Et d’accueil

 

Ami réchauffe-toi le cœur

Partage un peu

Ton énorme courage au quotidien

Pour survivre en Syrie

Puis tout quitter te déraciner

Enfin immigrer en terre étrangère…

J’ai peur de me plaindre

Quand ici j’affronte

La charge légère du jour

Ah… sortir du creux…

Éviter la brûlure de l’ortie

L’entaille profonde dans la chair

 

Murmurant des noms

Je scrute ces visages

Fraîchement arrivés ici

Ces familles ces jeunes

Curieux et impatients…

Des rires d’enfants

Fusent heureux

Déjà chez eux

Dans l’air froid du nord

Cécile Comblen

 

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